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Entre “mouiller” et “souiller” le maillot, il n’y a qu’une lettre

Après avoir mené 1-0 puis 2-1, et alors que Monaco n’a jamais réussi à se défaire du RC Lens (0-0), les Lyonnais ont réussi l’exploit de totalement déjouer en deuxième période, au point de se faire remonter puis dépasser par l’OGC Nice (2-3). Si l’OL jouait sa place sur le podium, le club azuréen était 9ème et déjà en vacances avant la rencontre. Concentration, envie, réaction… Cet OL manquait de tout pour rêver mieux qu’une quatrième place, synonyme de qualification en Europa League. Il faut du changement à l’Olympique lyonnais, et vite !

Le pire des scénarios

Les Lyonnais connaissaient la donne. Avant de regarder du côté du stade Bollaert pour voir si Monaco (77 points avant la 38ème journée, contre 76 pour les Gones) allait buter face au RC Lens, ils devaient d’abord à tout prix l’emporter au Groupama Stadium face à l’OGC Nice d’Amine Gouiri. Avant le match, peu nombreux sont ceux qui misaient sur des Niçois impliqués : ils pouvaient finir au mieux 8èmes, juste pour l’honneur. Dès le début, et à l’image de beaucoup d’autres matchs de l’OL cette saison, on a senti les Gones motivés par l’idée d’ouvrir le score rapidement. Le premier quart d’heure n’est pas encore atteint lorsque Memphis sert Toko-Ekambi d’un centre tendu, que le Camerounais catapulte au fond des filets après avoir devancé Thuram et Benítez.

Alors qu’on imagine l’OL bien embarqué, les premières menaces commencent à planer dans la foulée sur le but d’Anthony Lopes. Le gardien portugais sort deux belles parades, empêchant son compatriote Rony Lopes de contrarier ses plans de podium. En revanche, il ne peut rien lorsque Dolberg se retrouve seul suite à un centre à ras-de-terre, certainement étonné de se retrouver si tranquille au milieu de la défense lyonnaise. A la demi-heure de jeu, l’OL a déjà proposé un parfait condensé de sa saison.

Pourtant, emmené par un Memphis bien décidé à jouer les héros, les hommes de Rudi Garcia vont reprendre l’avantage juste avant la mi-temps. Après un numéro de soliste, le Hollandais sert une nouvelle fois Toko-Ekambi qui n’a plus qu’à pousser le ballon de la tête. On pense même que les Gones font le break lorsque Aouar conclut parfaitement un centre de Toko-Ekambi venu du côté droit. Malheureusement, la VAR est implacable : l’ancien Angevin est hors-jeu sur l’avant-dernière passe de Paquetá. Qu’importe, Lyon est sur de bons rails, surtout que les nouvelles en provenance du ch’Nord sont bonnes.

Débute alors une deuxième mi-temps inexplicable. En cinq minutes (51ème puis 56ème), les supporters lyonnais assistent médusés à un relâchement défensif global, total et impardonnable. Celui d’Anthony Lopes d’abord, qui se troue littéralement sur la mine de 25 mètres envoyée par Kamara.  Puis celui de toute la défense lyonnaise, totalement absente au marquage de William Saliba qui n’a alors plus qu’à ajuster Lopes. Petite cerise sur le gâteau : le centre enroulé est distillé par Amine Gouiri, pur produit de la formation lyonnaise.

Si prendre deux buts coup sur coup dans un match avec autant d’enjeu sera vu par beaucoup comme une faute professionnelle, la réaction des joueurs lyonnais lors des 35 minutes qui ont suivi peut probablement être interprétée comme un coup-bas contre l’institution. Au lieu de se révolter, et alors qu’ils étaient certainement au courant de l’évolution du score à Bollaert, les joueurs de Garcia ont arrêté de jouer et se sont fait totalement maîtriser par des Niçois impeccables défensivement. Cela paraîtra certainement incroyable à ceux qui n’ont pas vu le match, mais l’OL ne s’est créé aucune occasion franche lors de la dernière demi-heure… Rappelons qu’une victoire les aurait envoyés en C1.

C’est donc avec le sale goût de la défaite et de la trahison que les supporters lyonnais ont pris, prennent, ou prendront leur café ce matin. Mais aussi avec l’irrésistible envie de faire un grand ménage au sein de l’institution.  

Les leaders doivent en tirer les conséquences

Rudi Garcia est évidemment le premier d’entre eux. Sur le match d’hier, il était de son devoir de trouver les mots et les joueurs à la hauteur des enjeux de cette 38ème et dernière journée. Pourtant, tout le monde en est ressorti avec la désagréable impression qu’on était dans un match lambda de la mi-février, un dimanche à 17h. De manière plus globale, le bilan des deux saisons de l’ancien entraîneur de l’OM sonne comme un retentissant échec. La septième place de la saison dernière pouvait être en partie excusée par le fait qu’il était arrivé en cours de saison (en octobre 2019, en remplacement de Sylvinho, ndlr), et que celle-ci avait été tronquée par la Covid-19. De plus, les apparences avaient été bien sauvées par le merveilleux mois d’août 2020, au cours duquel l’OL avait tenu tête à plusieurs cadors européens (la Juventus, Manchester City) avant de tomber avec les honneurs en demi-finale face au Bayern Munich (0-3). En revanche, il est très difficile de trouver des excuses pour la quatrième place de cette année. Craints par les supporters, les départs estivaux annoncés (Depay, Aouar, Dembélé) n’avaient pas eu lieu, malgré un mercato à rallonge. Tout le monde voyait donc l’OL tenir la dragée haute au PSG, au cours d’une saison sans coupe d’Europe ni Coupe de la Ligue. Mais le coach lyonnais n’a été en mesure ni de transmettre la rage de vaincre à ses joueurs, ni de disposer de relais suffisamment solides au sein de son groupe.

Mais où étaient-ils ces fameux leaders de vestiaire cette saison ? Certainement pas dans les buts. Anthony Lopes, si rassurant par le passé, vient de traverser une saison médiocre. Touché par les critiques à répétition sur l’explosivité de son jeu, il n’a jamais su retrouver la confiance qui fut la sienne par le passé. Déjà coupable d’un coup de poing inexplicable ayant entraîné un penalty lors du match crucial à Monaco (3-2) en début de mois, le Portugais avait été sauvé par un but dans les dernières minutes de Rayan Cherki. Hier en revanche, aucun coéquipier n’a été en mesure de masquer les insuffisances du gardien lyonnais. La question de son maintien au poste de numéro 1 devra faire l’objet d’une discussion entre Juninho et le coach qu’il choisira pour la saison prochaine.

Le meneur d’hommes de l’OL 2020-2021 n’était pas non plus Marcelo, dont les mérites étaient régulièrement vantés par Garcia lors de la première partie de saison. Il convient même de s’interroger sur le bien-fondé de sa prolongation à l’OL fin mars 2021. Depuis, le Brésilien s’est littéralement liquéfié… S’annonçant lui-même comme « motivé à 400% » avant l’avant-dernier match de la saison, il s’était illustré par une faute de concentration ayant entraîné l’ouverture du score nîmoise. Quant à hier, les supporters lyonnais se demandent bien où il était au moment de marquer Dolberg et Saliba sur les premier et troisième buts niçois.

Reste Memphis Depay. Celui qui souhaitait déjà quitter l’OL pour Barcelone l’été dernier avait fini par se faire une raison : avant de partir libre comme l’air, il acceptait de tout donner une dernière fois, afin de rendre à Jean-Michel Aulas la confiance inébranlable qu’il lui a toujours accordée. 20 buts et 12 passes décisives plus tard, tout le monde s’accorde à dire que la saison de Memphis Depay est indéniablement une réussite. Avec l’imminence de son départ, beaucoup de nos confrères se sont empressés de tirer un coup de chapeau à l’une des stars de la Ligue 1 Uber Eats. « Memphis Depay est-il le meilleur attaquant de l’histoire de l’OL ? » osait même l’Équipe sur son site il y a trois jours. La réponse est non bien évidemment (comme 87% des sondés le pensaient), tant son passage à Lyon est plus contrasté que ce que laissent supposer ses stats de la saison qui vient de se terminer. Très individualiste et disposant d’un ego surdimensionné, il avait donné du fil à retordre à Bruno Genesio lorsque celui-ci entraînait encore l’OL. Ne se remettant jamais, ou en tout cas pas assez, en question, il ressort beaucoup d’inconstance de ses performances lyonnaises, malgré des chiffres en sa faveur (76 buts et 57 passes décisives). Ayant annoncé lui-même que l’OL constituait un tremplin pour rebondir vers un club d’un standing supérieur, il est grand temps de tourner la page Memphis, un leader bien plus statistique que technique.

Le temps des vaches maigres ?

L’OL disputera donc l’Europa League la saison prochaine. Les plus optimistes diront qu’il s’agit d’un progrès par rapport à la saison dernière. Néanmoins, compte tenu de la différence de gains entre une qualif’ en C1 et une qualif’ en C3, et parce que la crise sanitaire a indéniablement laissé des traces dans les finances de l’OL, les supporters lyonnais peuvent légitimement s’attendre à vivre des moments difficiles.

Juninho devra trouver un entraîneur d’abord, et le Brésilien sait pertinemment qu’un projet contenant une participation en C1 aurait été bien plus attractif pour les potentiels candidats. De plus, l’ancien numéro 8 devra s’atteler à composer un staff complet, sans qu’on sache réellement si le nouvel entraîneur débarquera avec le sien, ou si Juni compte y mettre sa patte. L’arrivée annoncée de Remy Vercoutre au poste d’entraîneur des gardiens, avant la nomination de l’entraîneur principal, laisse à penser que Juninho aura son mot à dire dans la composition du futur staff de l’OL.

Niveau mercato, les premières annonces confirment la tendance inquiétante que Lyon ne se montrera pas dépensier cet été. Coup sur coup,  deux transferts à 0€ ont été divulgués : Damien Da Silva (Rennes) et Henrique (Vasco de Gama). Dans la continuité de ce mercato low-cost, des discussions auraient été entamées pour négocier le retour de Clément Grenier, dans une opération similaire à celle réalisée avec Steed Malbranque en 2012. Bien sûr, on aimerait rêver en se disant que l’OL va vendre certains joueurs de retour de prêt (Andersen, Dembélé), des joueurs souhaitant voguer vers d’autres cieux (Aouar) et profiter de certaines économies de salaires (Depay) pour recruter quelques noms ronflants. Mais le club présidé par Jean-Michel Aulas risque à nouveau de se heurter à une réalité implacable au moment de sonder les cibles : la C3 c’est bien, la C1 c’est mieux.

Finalement, et pour repartir sur des bases saines, il semblerait que la stratégie la plus judicieuse soit de se tourner à nouveau vers le centre de formation, pilier de l’institution OL. A l’image de Maxence Caqueret, Rayan Cherki ou Melvin Bard, l’OL Academy regorge de talents prêts à endosser des responsabilités. Pour les supporters, ce sera la garantie de voir des Gones fiers de porter le maillot de l’OL. Une bonne base pour se reconstruire une identité de jeu, une vraie.

Crédit photo : Damien LG

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