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[20 ans de la Coupe de la Ligue 2001] – Phiphi, Tof’ et Flo : les grognards avant le caviar !

Le sacre de 2001 représente une récompense majeure pour ce trio de combattants viscéralement attachés au blason lyonnais. A cette époque, l’OL ne connaît pas encore la gloire, elle arrivera bientôt avec l’arrivée de Juninho et consorts, et même si « Sonny Goal » est déjà au club depuis 1999, et qu’il va permettre au club lyonnais de passer le cap tant espéré que ce soit sur la scène nationale ou européenne, cette victoire en Coupe de la Ligue est à mettre à l’actif de ces années de labeur, et des combats menés par ces anti-héros.

Pourquoi ces trois joueurs ? Nous aurions pu citer Laigle, Müller, Linarès ou encore bien d’autres emblèmes de cet OL de la fin de XXème siècle, en marche pour conquérir le football français. Ces trois Gones ont en commun d’avoir passé au minimum six années au club, à cheval sur deux siècles, tenu un rôle important au sein de l’équipe et gardé une image intacte auprès des supporters lyonnais. Seul Philippe Violeau était titulaire le soir du 5 mai 2001. Florent Laville, blessé, n’était même pas sur la feuille de match, et Christophe Delmotte s’était contenté de rentrer au cours de la partie. Mais qu’importe : tous ont contribué au premier rugissement lyonnais !

Philippe Violeau, le leader discret
Lyonnais de 1997 à 2003

Entre deux périodes auxerroises (1993-1997 puis 2003-2006), celui qui occupe désormais les fonctions de conseiller en gestion de patrimoine en Charente-Maritime a fait le bonheur des supporters lyonnais. En premier lieu, grâce à son aura de leader : « Je n’étais pas capitaine mais j’étais vice-capitaine, ce qui me permettait de porter parfois le brassard. Quand je l’avais, j’étais vraiment très heureux mais mon rôle ne changeait pas suivant le fait que je portais ou non le brassard. De par mon poste, j’étais au milieu de tout le monde donc j’avais un vrai rôle de conseiller. On peut dire que j’avais un vrai rôle dans ce cadre. » se racontait Philippe Violeau chez nos confrères de Olympique & Lyonnais.

Formé à Niort, ce milieu relayeur, qui n’était pas le plus physique, mais qui compensait par un parfait sens du placement et un joli pied droit, a connu avec l’OL différents échecs durant cette montée en puissance du club rhodanien. Un l’a particulièrement marqué : Maribor (au tour préliminaire de la C1 99-2000, les Lyonnais se font sortir par les Slovènes en perdant 0-1 à Gerland puis 0-2 sur la pelouse de Maribor, ndlr). À lui seul, le nom de ce club slovène fait figure de cauchemar lorsqu’il est glissé dans l’oreille d’un supporter lyonnais ayant vécu cette époque. Mais au fil du temps, les mauvais souvenirs ont été effacés avec ce premier titre de 2001 tant espéré (en considérant que l’Intertoto de 1997 n’en est pas vraiment un). Progressivement, le natif de Challans a perdu sa place dans le onze de départ au profit du roi Juni, non seulement au milieu de terrain mais également en tant que tireur de coup franc de L’Olympique Lyonnais. En effet, l’infatigable numéro 6 a régulièrement pratiqué cet exercice durant ses 269 matchs disputés pour le club lyonnais. Beaucoup ont notamment en mémoire ce coup franc magistral contre L’OM en 1998 sur la pelouse de Gerland. Philippe Violeau symbolisait parfaitement cet OL de la fin des années 90, accessible et proche des supporters. “Phiphi” n’était certes pas le plus talentueux, mais un combattant hors pair qui a largement contribué à l’irrésistible ascension de ce qu’on appellera  “l’OL des années 2000”.

Christophe Delmotte, le guerrier
Lyonnais de 1997 à 2004

Si vous ne deviez retenir qu’une image symbolisant «Tof» Delmotte sous les couleurs lyonnaises, Planète Lyon vous suggère de revisionner le derby du 21 décembre 2000, qui s’est déroulé en terres rhodaniennes. Nous jouons alors la 90ème minute, l’OL et Saint-Etienne ne parviennent pas à se départager. Sur un coup-franc excentré à 35 mètres distillé par son pote… Philippe Violeau (!), Christophe Delmotte catapulte le ballon au fond des filets d’une tête puissante, et délivre tout un stade. D’un geste qui deviendra mythique, allongé, il tape alors des poings comme un enragé sur la pelouse du stade Gerland.  Pour les Gones les plus jeunes, Jimmy “90+3” Briand et Moussa Dembélé ont bel et bien un prédécesseur, et ce n’est pas n’importe qui.

Ce beau gosse, un grand aux yeux bleus qui aurait tout à fait eu sa place dans une série B bien de l’époque, a préféré mettre son physique au profit de l’Olympique lyonnais, pour le plus grand plaisir de ses supporters. Il adore évoquer ce fameux but inscrit face à l’ASSE : « J’en parle et j’ai forcément la chair de poule sur les bras. Ça fait déjà 20 ans et j’ai l’impression que c’est hier. C’était un but décisif. Je ne maîtrise pas la célébration, je n’avais pas l’habitude de marquer. Tout était parti naturellement. Ce derby est à jamais marqué dans ma mémoire » déclarait l’ancien latéral gauche sur OL TV. Une relation très forte avec les supporters de l’OL s’est forgée au cours de ces sept saisons passées au club : « C’était une aventure humaine. Je dois beaucoup à ce club. Je suis un Gone d’adoption. L’OL m’a donné des titres. Je le fais en plus avec des potes. » 

Arrière gauche, pouvant également jouer milieu défensif, Delmotte était reconnu pour ses qualités mentales, mais également sa vitesse, malgré son gabarit (1,88 m pour 88 kg). Remplaçant au coup d’envoi de cette finale de Coupe de la Ligue, le Franco-Belge entrera juste après le but victorieux de Patrick Muller (118ème,) afin de préserver l’avantage pris face à l’équipe de ce cher Claude Puel. Il importe peu que Christophe Delmotte soit devenu alors un joueur de complément à cette époque, et que de nombreuses blessures marqueront la fin de son histoire d’amour avec l’OL. Il quitte Lyon en 2004 avec trois titres de champions de France à son actif et une quantité de souvenirs inoubliables. Preuve de cet attachement, le solide défenseur reviendra entre 2011 et 2014 afin d’embrasser une carrière d’entraîneur avec les U19 de l’OL.

Florent Laville, le capitaine
Lyonnais de 1993 à 2003

Il n’est pas le plus connu des capitaines de l’OL et pourtant, il est peut-être le plus important : c’est sous son leadership que l’OL est monté en puissance ! Le Drômois était un défenseur “à l’ancienne” : solide et dur sur l’homme, avec un mental de battant. Pur produit de la formation lyonnaise, il dispute son premier match en 1994, au marquage d’un certain Jürgen Klinsmann… Son parcours à Lyon prend fin en 2003, après avoir disputé 204 matchs en championnat de France et 43 matchs de coupes d’Europe. Il tente alors l’aventure anglaise (Bolton puis Coventry) mais ne parvient pas à s’imposer outre-Manche.  Flo’ Laville a même eu l’occasion de défendre le maillot tricolore : il a disputé un championnat d’Europe espoirs en 1996 (3ème place pour les Bleus) et participé aux Jeux Olympiques d’Atlanta la même année avec l’équipe sélectionnée par un certain Raymond Domenech.

Conscient de ses limites, mais très proche des supporters qui le considéraient comme l’un des leurs, à l’instar d’Alain Caveglia : « Je brillais plus par ma camaraderie, par l’âme du vestiaire que par des gestes techniques (rires). J’étais dans l’ombre, dans l’humain. J’étais un pur produit de l’OL, je n’ai jamais triché. Je pense que les supporters l’ont ressenti. Je me donnais à fond. Je ne pouvais pas faire mieux avec mes qualités » se décrivait-il sur le site de nos confrères Olympique & Lyonnais.

Lors de cette inoubliable finale de la Coupe de la Ligue, qu’il n’a pas pu disputer à cause d’une blessure, c’est bien lui que Sonny Anderson est allé chercher dans les tribunes au moment de recevoir le trophée. Le buteur brésilien avait très bien compris toute l’importance du capitaine Florent Laville dans ce sacre lyonnais.

Ces trois “grognards” ont donc marqué à tout jamais l’histoire de l’Olympique lyonnais. Ils ont notamment permis à “leur” club d’atteindre les sommets, grâce à un sens du combat et une authenticité d’un autre temps. Le discours tenu par Philippe Violeau au micro d’OLTV résume très bien la mentalité qui dominait à l’époque : « Si j’avais été plus individualiste, j’aurais sans doute pu prétendre à jouer dans des clubs plus huppés, peut-être à l’étranger, mais je suis un fidèle. Je me considère comme un joueur ayant montré l’exemple aux jeunes. J’étais toujours à l’heure, toujours respectueux des autres et surtout très travailleur. Je n’avais pas de qualités énormes à la base, et c’est mon travail qui m’a permis d’avoir cette carrière. J’ai passé la majorité de celle-ci dans des clubs que j’aime et qui ont compté pour moi ».

Lorsqu’ils regardent les matchs de l’OL ces dernières années, beaucoup de fans de l’Olympique lyonnais – qui ont eu la chance de connaître l’équipe évoquée ci-dessus – pensent qu’il manque à l’OL actuel ce “petit quelque chose” qui nous faisaient nous identifier encore plus aux joueurs qui représentent ce blason. Une question se pose alors : comment la nouvelle génération peut-elle s’attacher à l’équipe actuelle de la même façon que celle qui a connu ce temps béni ?

Le constat est peut-être trop sévère mais une chose est sûre : l’histoire n’oubliera jamais les Laville, Violeau, Delmotte et consorts.

Crédits vidéos : OL

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