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[20 ans de la Coupe de la Ligue 2001] – Ces trois Gones y étaient…

Vous connaissez les pages Facebook et Twitter “Lyon-collection” ? Tenues par un fan absolu de l’OL des années 90, nous tenions absolument à savoir s’il avait préparé quelque chose de spécial pour cet anniversaire. Bingo ! Le chanceux collectionneur, qui était au Stade de France pour cette finale face à l’AS Monaco (2-1 a.p.), nous présente l’un des trois maillots préparés pour Grégory Coupet. Nous avons donc souhaité le rencontrer, lui et deux de ses compères de l’époque (dont Jérémy qui gère la page Facebook Cœur d’un Lyon), pour que des chanceux présents à Saint-Denis nous racontent cette folle soirée vécue de l’intérieur. Frissons garantis.

Le traumatisme de 96

Si ceux qui ont la mémoire qui s’efface avec le temps estiment que cette finale du 5 mai 2001 représentait pour l’OL une chance unique de remporter un premier trophée depuis 1973, d’autres n’ont pas oublié. « Moi personnellement la finale de 1996 me hante et me hantera toujours… » prévient Lyon-collection, avant de commencer à s’épancher sur 2001.

6 avril 1996, Parc des Princes.  Après un beau parcours, les Lyonnais, alors entraînés par Guy Stéphan, s’inclinent douloureusement face au magnifique FC Metz (0-0, TAB 4-5) des “PP flingueurs” (Cyril Pouget et Robert Pirès, ndlr). Cette défaite est d’autant plus cruelle que l’arbitre M. Batta a surpris son monde en refusant un but inscrit en toute fin de rencontre par Eric Roy, pour un pied en l’air fantaisiste… « Je ne pouvais pas aller au Stade de France en 2001 confiant… J’étais au Parc pour la finale face à Metz, et ça reste un traumatisme » se souvient “Haribo” de son côté. Les deux supporters partent tout de même pour Paris très motivés, espérant pouvoir surfer sur la joie collective qui s’était emparé de Lyon après la victoire face à Nantes en demi-finale, match à l’issue duquel la pelouse de Gerland avait été envahie. « De cette épopée, je me souviens surtout de la demi-finale contre Nantes, d’une super ambiance, d’un super match et surtout de l’envahissement du terrain à la fin » rembobine “Haribo” au moment de faire marcher la machine à souvenirs. Quoi qu’il en soit, il est l’heure de se rendre à Paris pour aller enfin décrocher le premier trophée majeur de l’ère Aulas.

Les Gones montent à Paris

« L’ambiance était festive dans le bus surtout à l’arrière, comme à chaque fois quand on part en déplacement. On s’est arrêtés dans plusieurs stations-service, et c’était assez rock’n’roll. Certains comprendront je pense…» se marre Lyon-collection au moment de raconter son dep’. Jérémy, qui faisait également partie du convoi, se souvient lui d’une ambiance «plutôt festive, dans nos délires farfelus comme toujours, jusqu’à l’arrivée au Stade de France. Une ambiance mêlant excitation et impatience.» “Haribo” lui a choisi d’emprunter l’un des trains spécialement affrétés par le club : « Très bonne ambiance. Tout le monde discute, les supporters se partagent nourriture et alcool ». Actif dans son groupe de supporters, Lyon-collection n’a pas le temps de prendre la température de l’ambiance autour du Stade de France pendant les heures qui précèdent la rencontre : il doit immédiatement entrer dans l’enceinte, il y a un tifo à préparer. « Je ne peux pas vous parler de l’avant-match puisque j’étais dans le stade pour la préparation du tifo. Une fois dans le stade, on ne pouvait plus ressortir. D’ailleurs, un pote et moi sommes à un moment montés sur le toit du stade, et c’est un gars de la sécu qui est venu nous dire que l’on s’était fait repérer sur les caméras… On a dû redescendre illico » rigole le supporter collectionneur, qui n’était pas encore majeur à l’époque. Son compère ne serait-il pas Jérémy ? En tout cas, il faisait également partie des chargés de tifo : « C’était du travail, non numérique à l’époque ! Juste a compter les nombres d’aller et des rangs de sièges. Mais quel plaisir ! J’ai aussi pu profiter, d’aller au plus haut, sous la toiture. Car c’était mon premier déplacement au Stade de France ! » 

Vestiges du tifo installé par nos deux Gones

“Haribo”, lui, a largement pu profiter de l’avant-match, et il reste surtout marqué par la vague rhodanienne qui avait envahi la capitale ce jour-là. « J’ai halluciné devant le nombre de Lyonnais présents, des maillots et écharpes rouges et bleues de partout ! ». 40 000 lyonnais, soit un Stade de Gerland, avaient fait le déplacement à Paris ce samedi 5 mai. Si cela avait été possible, Paris aurait pu facilement en accueillir le double, tant l’engouement s’était emparé de la capitale des Gaules avec cette magnifique occasion de soulever enfin un trophée. On termine hâtivement sa pinte et on jette cette moitié de pain à kebab ne contenant plus ni viande ni frite à la poubelle : le match va bientôt commencer.

Le match, au bout du suspens

Jacques Santini a dévoilé sa composition d’équipe, pas de grosse surprise a priori. « Philippe Violeau et Christophe Delmotte étaient mes deux joueurs préférés de cette époque. Ce n’était pas des stars, mais ils se battaient de la première à la dernière seconde. C’est ça pour moi, l’amour du maillot. » confie “Haribo”, avec une pointe de nostalgie. Concernant l’équipe du début des années 2000, Lyon-collection se focalise sur le capitaine Sonny Anderson, successeur désigné de l’idole Alain Caveglia. « Pour être honnête, c’est à partir de ces années que je commence à moins m’intéresser aux joueurs… Je commence à avoir une mentalité qui se rapproche des ultras. Mais le joueur que je respectais le plus dans cette équipe, c’est Sonny ! Pour l’avoir croisé quelques fois à l’époque, c’était vraiment un seigneur avec nous. Un joueur qui respectait les supporters et qui avait toujours un geste à notre endroit. Il venait discuter avec nous et demandait aux autres joueurs de venir nous saluer. On voyait vraiment qu’il avait pris la relève d’Alain Caveglia au niveau de l’attention portée aux supporters dans les virages. » salue le gérant de la page Lyon-collection. Au sujet de l’ancien numéro 9 lyonnais, son pote Jérémy tient à ajouter : « Il était tout : capitaine déjà, mais aussi fier de porter nos couleurs, avec une vraie rage de vaincre et complice avec nous, supporters. »

Au moment d’évoquer le match en lui-même, les souvenirs sont en revanche beaucoup plus flous. Comme si les 120 minutes qu’ont duré cette partie avaient constitué un cocktail d’émotions beaucoup trop fort pour laisser des souvenirs cohérents.« Franchement je n’ai jamais revu le match en entier donc je me souviens plus s’ils ont été bons… Mais en finale on s’en fout, le plus important c’est la victoire ! » tranche le créateur de la page Lyon-collection. On arrive tout de même à les faire parler des buts, notamment le premier de Claudio Caçapa, pas académique pour un sou : « Le but de Cacapa, je me souviens l’avoir vu lui et le ballon dans les filets, et là j’ai compris qu’on ouvrait le score… Mon cerveau s’est alors déconnecté, comme à chaque but ! » se rappelle finalement le supporter collectionneur.

Et au niveau de l’ambiance au sein des parcages lyonnais, qu’est-ce que ça donnait ? « J’étais placé avec les Lugdus, car j’étais abonné Lugdus cette année-là , l’ambiance a eu du mal à démarrer… Pas évident dans un stade que l’on ne connaît pas. Il y avait aussi des “supporters lambdas” . Je revois les kapos des Bad Gones et Lugdus se téléphoner pour essayer de se coordonner sur les chants. ». Shabani Nonda ayant répondu à l’ouverture du score de Caçapa, Stéphane Bré siffle la fin du temps réglementaire, et les deux équipes se préparent à disputer les prolongations.

Arrive alors cette mythique 118ème minute. « Patrick Müller venait de rentrer au poste de milieu de terrain et puis, il y a la montée rageuse, déterminée et en même temps pleine de finesse de Sonny. Il arrive à centrer et là notre Patrick Müller se jette et nous met le but du bout du pied ! » racontait mieux que personne Jean-Marc Chanelet au Libéro Lyon l’an dernier. « Sur le but de Müller ça a été de la folie, certains d’entre nous on finit par terre et d’autres leurs sautaient dessus ! On pouvait plus se contrôler, on savait tous ce que ça voulait dire… » se souvient encore euphorique Lyon-collection. Cela voulait dire que l’OL allait enfin soulever son premier trophée depuis 1973. Période absolument exceptionnelle pour le supporter français et lyonnais, qui vient de soulever Coupe du Monde, Euro et Coupe de la Ligue en à peine trois ans : « Quand Müller marque j’ai littéralement explosé de joie et directement téléphoné à mon père qui était devant la télé… J’ai vraiment un souvenir d’explosion collective. J’ai eu des frissons de partout, comparables à ceux ressentis le 4 mai 2002 (victoire de l’OL 3-1 face à Lens lors de la dernière journée du championnat sacrant les Gones, ndlr) ou le 12 juillet 98 (Les Bleus champions du monde, ndlr). »

Une fois le match terminé, pas de virée nocturne dans la capitale parisienne pour “Haribo”, Lyon-collection et Jérémy. En bus ou en train, c’est un retour express mais festif qui attend les trois Gones.

Le retour des héros

« Nous sommes rentrés directement sur Lyon et on a fêté la victoire à notre manière, dans le bus. Plus tard dans la nuit, quand beaucoup de monde dormait, certains empêchaient d’autres de dormir. J’ai des potes qui m’ont réveillé plusieurs fois… » rigole un poil jaune le gérant de la page Lyon-collection. Jérémy aussi est rentré bien fatigué a priori : « Franchement je ne me rappelle plus de l’heure à laquelle je suis rentré, mais je peux affirmer que c’était le matin. Comme j’étais mineur, j’ai même effectué les derniers kilomètres entre le bus et chez moi en TCL ! Je me suis endormi dans le bus, j’ai loupé mon arrêt et je me suis réveillé au terminus… ». Dans le train, comme à l’aller, on trinque et on rigole. « Nous sommes rentrés sur Lyon direct via les trains du club, c’était la joie et la fête dans les trains. On avait tous la voix cassée. Alcool et bouffe ont également tourné au retour. » se souvient “Haribo”. En revanche, pas de trace de nos trois Gones à Perrache le lendemain pour accueillir leurs héros. « Non je n’y étais pas, et d’ailleurs je me souviens d’un Gone qui m’avait dit que, de notre bus, il n’y avait pas grand-monde qui y avait été puisque certains n’avaient pas beaucoup dormi la veille ! » se marre Lyon-collection. “Haribo” s’est tout de même rendu à l’Hôtel de Ville pour acclamer les joueurs. Des accueils municipaux qui deviendront une habitude au fil des années.

La première pierre de l’édifice OL

Si on peut s’étonner de voir trois supporters raconter cette finale avec les mots de ceux qui ont été cherché une Ligue des Champions, il convient de bien considérer l’importance primordiale qu’a eu cette victoire dans l’avènement de l’OL des années 2000. « A l’époque nous n’étions pas encore le grand club que l’on connaît aujourd’hui. On jouait la troisième place depuis deux ans et on débutait en LDC, donc cette victoire c’est le début de la fusée OL et de cette équipe qui va régner pendant des années sur le Championnat de France. Hormis Sonny Anderson et Pierre Laigle arrivés un an plus tôt, c’est lors de cette saison que les dirigeants ont commencé à faire des recrutements qui s’avéreront payants. Il n’y aura que très peu d’erreurs dans leurs choix. Cette victoire en finale va mettre en confiance pas seulement les joueurs, mais tout un club. » analyse Lyon-collection avec le recul. « C’était vraiment très important cette victoire car c’est la première pierre de l’édifice de l’OL des années 2000. On prouvait enfin que l’on pouvait gagner, qu’on était pas les Poulidor du foot français. » 

Pour le côté “trop en faire pour une Coupe de la Ligue”, les trois compères mettent surtout en avant la trop longue attente d’un trophée. « Lors du défilé en ville j’ai halluciné devant le nombre de lyonnais présents… Mais il faut dire que le peuple lyonnais était tellement sevré de titres depuis si longtemps qu’il avait envie de laisser éclater. On en avait aussi marre de vivre dans l’ombre des Stéphanois ou des Marseillais. » se rappelle fièrement “Haribo”. Pour Lyon-collection, cela constituait carrément un soulagement générationnel : « Je me souviens que tout le monde à l’époque soulignait que cela faisait plus de 25 ans que l’on n’avait rien gagné ! Pour toute une génération, c’était la première fois que l’on voyait notre club gagner un trophée. Les anciens eux, ils ont vu les joueurs triompher trois fois en Coupe de France… Mais depuis les années 70, le club n’avait plus rien gagné ! ». « Parmi tant de Lyonnais, j’ai eu la chance de vivre ce moment inoubliable… » conclut tout simplement Jérémy.

Le 6 mai 2001, les trois Gones ne savent évidemment pas encore qu’ils vont ensuite connaître, vivre et écrire les plus belles pages de l’Histoire de l’Olympique lyonnais.

La Une de L’Equipe :

Crédits photos : Photos fournies par supporters

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