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Aux larmes

Etre supporter d’une équipe de foot, ce sont quelques (sou)rires et beaucoup de larmes. Comme l’avait si bien décrit Nick Hornby dans son livre Carton Jaune consacré à sa passion pour Arsenal, si l’on devait retenir une vertu principale qu’implique le fait de supporter son club favori, ce serait sans doute l’assimilation de la souffrance et l’obligation, de facto, de résilience.

Mais être supporter ne doit pas être que l’acceptation de maux, qu’un perpétuel sacerdoce. La lumière doit finir, à un moment donné, par prendre le dessus. Et si ce n’est pas tout le temps (il est plus facile d’être serein question football quand tu supportes le Real Madrid, c’est une évidence !), au moins de temps en temps…

L’OL nous fait souffrir. C’est le cas maintenant et c’est comme cela depuis trop longtemps. Depuis 2012, date du dernier trophée du club, il y a certes eus de brillants soleils (deux demi-finales de Coupe d’Europe notamment) mais ces derniers ont été trop rares et très loin de nous faire oublier les ténébreux orages passés et récents (défaites en finales, tournants décisifs constamment mal gérés en Championnat…).

L’irrégularité lyonnaise sur le terrain est le point majeur que doit, une bonne fois pour toute, régler l’encadrement du club. On se doute que ce n’est pas si simple parce que les facteurs, sur lesquels nous ne nous attarderons pas aujourd’hui, sont sans doute multiples (La limite du modèle à la Arsenal ? Une difficulté à transmettre l’ADN de ce que doit être le très haut niveau aux joueurs ? Des recrutements moins performants qu’avant ?).

La conséquence de tout ceci, en tout cas, c’est qu’avec cet OL, avec cette équipe-là version 2020/2021, on ne peut s’attendre à rien comme à tout car, dans le vocabulaire des supporters lyonnais, le terme “garantie” n’existe plus. Ainsi, ce dimanche, sur la pelouse de Monaco, nous savons que l’OL peut dominer son sujet (comme il a su le faire ponctuellement au cours de matchs récents et plus régulièrement fin 2020) et l’emporter. Mais nous avons aussi conscience que cet OL-là a beaucoup de fragilité sur le plan mental et, s’il mène par exemple 3-0 à la mi-temps, il peut néanmoins prendre quatre buts dans la musette en seconde…

Tout ceci nous rend fous, nous les supporters, et l’intervention sur OLTV d’un des nôtres résume bien le sentiment général :

Le pire, là-dedans, est que l’OL ne fait pas une si mauvaise saison de championnat. Son nombre de points est élevé et ce n’est pas de sa responsabilité si Lille et Monaco font une excellente saison et pousse l’OL a se battre pour la troisième place (alors que, normalement, au vu de son effectif et de son budget l’OL se doit évidemment de terminer deuxième). Néanmoins, au début du championnat, qui pensait au fond de lui que l’OL pouvait faire plus que titiller le PSG pour le titre lors des cinq dernières journées ? Cette saison aura tout de même permis, sur le terrain, que l’OL comble une partie de son retard sur un PSG qui, certes, fait un championnat en deçà des attentes au vu de son effectif impressionnant et au-dessus de la mêlée.

Si l’OL gagne ce dimanche, il revient à un point de Monaco et tout sera ouvert, tout sera possible. Donc tous ceux qui disent que la saison de l’OL est terminée à l’instant T manquent de culture foot (et du sport en général). Car s’ils en avaient, et qu’ils connaissaient l’histoire de l’OL, ils sauraient par exemple que personne n’aurait pensé, au soir du 9 janvier 2004, que nous serions capables d’aller chercher le leader du championnat qui nous devançait de dix points à savoir… Monaco.

Mais c’était une autre époque et d’ailleurs, très cher Olympique lyonnais, ici on en a assez de faire l’effort de se rassurer en regardant le passé. Ce que l’on a vécu entre 2001 et 2008 est, dorénavant, ancré en nous. Le fait de s’être gavé comme des oies à cette période, quand le caviar était servi à la louche, a pour conséquence que, maintenant, notre exigence est absolue.

Lorsque l’on regarde les membres de notre équipe, nous avons envie d’avoir la conviction que tous ces joueurs, au fond d’eux, sont autant affectés que Lucas Paquetá après son erreur de dimanche dernier. Car ces larmes-là nous correspondent, à nous, les supporters de l’OL.

Mais dans ce monde du foot business qui a détruit la culture du football populaire, et largement aseptisé le facteur émotionnel, il n’est pas impossible que les sanglots de Paqueta représentent une petite gouttelette de rien du tout comparé à cet océan lacrymal incarné par tous ces joueurs de passage qui pleurent, parfois même publiquement, de ne pas être “dans un plus grand club” que le nôtre.

Mais enfin… les choses sont ce qu’elles sont et on vous demandera à vous, les joueurs lyonnais, de trouver les armes pour mener le prochain combat comme il se doit en évitant que toutes vos larmes ne prennent le pas.

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