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Spoiler : l’OL n’a aucune chance d’être champion

Dimanche dernier, l’OL a perdu gros en s’inclinant lourdement face au Paris Saint-Germain (2-4). Plus qu’une simple défaite, ce match a refroidi les ardeurs de beaucoup de supporters lyonnais tant les Parisiens ont semblé au-dessus de leur concurrent direct pour le titre de Champion de France. A 8 journées de la fin, l’ambiance n’est plus à la fête. Avec 3 points de retard et un goal average défavorable, les motifs d’espoirs sont peu nombreux.

Les Gones semblent avoir laissé passer leur chance, et les objectifs reculent doucement : la qualification pour la prochaine Ligue des champions devient de plus en plus une option acceptable. En conséquence, on vous donne dans cet article 8 raisons de ne plus rêver du 8ème titre de l’OL cette année !

NB : Néanmoins, rassurez-vous, cette ode au pessimisme n’a qu’un temps et vous aurez en conséquence, demain dans ces mêmes colonnes, un article qui vous explique pourquoi il faut encore croire au titre. Car, dans ce championnat 2020/2021, rien n’est figé et tout est ouvert…

Parce que le niveau de jeu affiché n’est pas celui d’un futur champion

Le constat est sans appel, l’OL est en queue de peloton lorsque l’on observe le nombre de points pris par les quatre prétendants au titre sur l’année 2021 : avec 24 points, les Lyonnais sont devancés par Monaco (32), Lille et le PSG (27 les deux).  Il est loin le temps où le niveau de jeu affiché faisait rêver les supporters d’un titre… Moment que nous attendons depuis 2008… A cette époque, l’OL avait pour habitude de revenir en boulet de canon sur la première place. Après le match aller (victoire 1-0 des Lyonnais au Parc des Princes) cette saison, le doute n’était plus permis : l’OL va le jouer ce titre et il dispose de sacrés arguments !

Même en mettant de côté la déroute de dimanche dernier, le niveau de jeu, certes intéressant par moments, n’est que  très rarement convaincant sur l’ensemble d’un match. A l’image des récentes performances contre Reims et Marseille (1-1, score final des deux matchs), cette équipe peut donner l’impression de dominer tranquillement son adversaire, puis au moment où l’on s’y attend le moins totalement disparaitre de la circulation. C’est inquiétant pour une équipe censée lutter pour le titre avec 3 concurrents. Lille et Monaco, en plus de Paris, semblent dégager plus de sérénité dans le jeu, avec des matchs complètement aboutis. Plus inquiétant encore : l’Olympique lyonnais ne semble parfois pas s’arracher en fin de match, comme ses concurrents, ne donnant pas le sentiment d’être « en mission ».

Parce que nos latéraux sont hors sujet

Mais que se passe-t-il dans la tête de Rudi Garcia au moment de titulariser coûte que coûte son chouchou De Sciglio aussi bien à gauche qu’à droite ? C’est une question que se posent bon nombre de supporters lyonnais. A moins que l’Italien ne réalise des semaines d’entrainements exceptionnels hors caméra, nous n’avons pas non plus la réponse. Que ce dernier n’apporte pas offensivement n’est pas rédhibitoire, mais qu’il n’apporte en plus de cela aucune garantie défensive est très problématique… Et ce n’est ni le volontaire mais approximatif Maxwel Cornet, ni le jeune Melvin Bard qui a disparu désespérément des radars, qui peuvent relever le niveau sur le côté gauche lyonnais. Léo Dubois, qui a démarré sur le banc face au PSG, effectue globalement une saison correcte, alternant le très bon et le moins bon, à l’image de ces centres parfois remarquables mais trop souvent au troisième poteau.

Il suffit de regarder ce qu’apporte Florenzi au PSG, ou Caio Henrique à Monaco, pour comprendre ce que peut apporter un latéral aux performances régulières dans le jeu d’équipe. Ce poste est définitivement un de chantiers sur lesquels Juninho va devoir se pencher à l’intersaison.

Parce qu’il y a une alerte enlèvement en cours pour retrouver nos Brésiliens

Nous sommes le 26 février 2020, la Covid-19 est en train de frapper et va bientôt changer tristement notre façon de vivre mais chut, laissez-nous savourer nos derniers moments d’insouciance avec ce délicieux OL-Juventus au Groupama Stadium. Ce soir-là, un homme rayonne, et même cartonne depuis quelques matchs : Bruno Guimarães est omniprésent, récupère, casse les lignes et créé le décalage. Bref, on ne voit que lui… Que ce temps paraît lointain ! Le Brésilien se bat toujours autant, mais semble maintenant courir dans le vide et jouer systématiquement en arrière. Une chose est sûre, il n’aura pas pesé cette saison. En attendant le rebond d’un joueur indéniablement talentueux, nos espoirs se sont portés sur le fraîchement arrivé Lucas Paquetá. Malheureusement, après 6 mois éblouissants, même si c’est à un degré moindre, un mal similaire semble frapper l’ancien Milanais. L’OL est certainement devenu trop dépendant de son génial milieu de terrain, et celui-ci a tendance de plus en plus à forcer son jeu et porter trop le ballon, au détriment de la simplicité. « Je pense que mes adversaires ont bien compris ma façon de jouer, ils se sont adaptés et c’est donc plus difficile pour moi aujourd’hui, je suis mieux pris, je sens que le marquage sur moi a évolué. Ils me connaissent. » déclarait dans l’Equipe l’intéressé. Ne soyons pas trop sévère, sa saison reste très bonne mais ce coup de mou tombe au mauvais moment : en plein sprint final. Même les solides Thiago Mendes et Marcelo, si réguliers depuis le début de saison, commencent à baisser de rythme. L’ambiance n’est pas vraiment à la samba.

Parce que le flou entourant l’avenir de Depay et Garcia a forcément un impact

Memphis a définitivement montré cette année qu’il est le leader incontesté et incontestable de l’OL, avec une mentalité et une envie qu’il essaie de faire tant bien que mal rejaillir sur ses coéquipiers. Mais personne ne nous fera croire que les questions entourant son avenir ne lui trottent pas dans la tête. Inconsciemment, son avenir tout comme celui de son coach va peser sur cette fin de saison de l’OL.

A 27 ans et bientôt libre de tout contrat, de nombreuses équipes prestigieuses s’intéressent au numéro 10 lyonnais. En plus de Barcelone, les dernières rumeurs font état d’un intérêt du PSG. Nul doute que ce n’est pas un hasard : il s’agit d’une stratégie courante pour faire vaciller son concurrent dans le sprint final…

La cas Rudi Garcia est plus épineux. Bien qu’il ne soit jamais apparu comme légitime aux yeux des supporters depuis sa prise de fonction, cet espoir de mener l’OL au titre avait permis à l’ancien Lillois de retourner petit à petit l’opinion populaire. Si la mauvaise passe se poursuit et condamne les Lyonnais à devoir sauver uniquement une place en C1 l’année prochaine, il y a fort à parier qu’une pression énorme pèsera sur les épaules du tacticien lyonnais.

Parce qu’il y a désormais un doute sur le K et le T de la KTM

Karl Toko-Ekambi et Tino Kadawere ont régné en maîtres sur la première partie de saison lyonnaise. Auteurs de nombreux buts décisifs et d’une grosse activité dans les derniers mètres, ils résumaient à eux deux la belle surprise lyonnaise de la première partie de saison. Malheureusement les deux joueurs semblent émoussés ces dernières semaines et ne sont plus en réussite. Leurs polyvalences, qui étaient leurs forces, tournent maintenant en leurs défaveur : ont-ils vraiment un point fort ?

La fin de saison nous montrera s’il s’agissait d’une simple mauvaise passe, ou s’ils étaient vraiment en surrégime lors de la première partie de saison. Peu avare en efforts défensifs, le Camerounais reste dans les petits papiers de Garcia pour le moment, au contraire de son coéquipier Zimbabwéen qui perd peu à peu du crédit au détriment de la pépite lyonnais Rayan Cherki.

Parce que les supporters ne peuvent pas jouer leur rôle, comme aux plus belles heures 

On se souvient des fameux sprints lyonnais gagnants des années 2000 pour aller chercher le titre en fin de saison. Les supporters poussaient alors les joueurs dans une arène de Gerland bouillante comme la braise, prête à faire toucher le ciel à ses joueurs. Aujourd’hui, Covid oblige, ils sont privés du rôle de douzième homme, et tentent tant bien que mal de se faire entendre à travers des manifestions de soutien, et autres banderoles encourageantes. Au moment où l’équipe est dans le dur, ce soutien ferait tant de bien. Malheureusement, force est de constater, à l’image du désarroi de Anthony Lopes dimanche, que rien ne semble stopper cette spirale négative. « Comment on a pu faire une heure comme ça ? » s’indignait le natif de Givors après le match de dimanche. Autant le dire tout de suite : la baignade aux Terreaux est au minimum reportée d’un an.

Parce que ce PSG est imprenable

C’est le constat qui peut être fait après leur solide victoire au Groupama Stadium ce week-end : le PSG, à son meilleur niveau, demeure inaccessible pour ses concurrents, et le titre ne semble pas pouvoir lui échapper. Lorsqu’il a vu Marcelo se faire humilier systématiquement par Mbappe, lorsqu’il a également vu les défenseurs parisiens se montrer supérieurs techniquement aux attaquants lyonnais, nul doute que le président Jean Michel Aulas à lui-même compris que les derniers espoirs étaient envolés.

Alors bien sûr, la Ligue des Champions va avoir un impact sur la fin championnat des joueurs parisiens. Mais bon, il ne leur reste peut-être plus que deux matchs à jouer (le PSG jouera contre le Bayern Munich en quarts de finale et ne part pas favori, ndlr) A si peu de matchs de la fin, et en jouant à leur niveau, ils savent désormais qu’ils ont leur destin national en mains. De plus, Lillois et Monégasques ne sont pas à enterrer : la performance que doit faire l’OL pour soulever l’Hexagoal relève de l’exploit.

Parce que la Coupe de France serait un joli lot de consolation

Et si le salut lyonnais venait de la Coupe ? Cette coupe légendaire, qui a apporté tant de bonheur aux Gones le siècle dernier, quand l’objectif championnat demeurait une douce utopie. Qualifiés pour les huitièmes de finale, et plutôt épargnés par le tirage au sort, les Lyonnais se déplaceront sur la pelouse du Red Star et ne sont plus qu’à trois matchs du Stade de France. On a pu remarquer lors de la dernière C1 que cette équipe est capable, sur un match, de se transcender. Tout espoir est donc encore permis. Un titre, même en Coupe de France, représenterait quelque chose de grand pour les supporters. Couplé à une place sur le podium en championnat, cela clôturerait une saison finalement réussie.

Crédit photos : Damien LG

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