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Les Lyonnais doivent-ils supporter le PSG et le LOSC en coupes d’Europe ?

Les soirées européennes sont de retour… Et l’OL n’est toujours pas là. Dispensés de coupes d’Europe pour la première fois depuis 1997, les supporters lyonnais vont devoir de nouveau prendre leur mal en patience, alors que la France du foot aura les yeux rivés sur les matchs du PSG (aujourd’hui, à Barcelone) et de Lille (jeudi, face à l’Ajax). Toute la France du foot ? Éternel débat jamais tranché en France, personne ne sait quel est le bon comportement à adopter lorsqu’une autre équipe que sa préférée, mais de nationalité identique, se présente sur la scène européenne. Alors faut-il choisir le devoir patriotique ou adopter l’état d’esprit “supporter acharné” ? Les Lyonnais devraient tout de même y réfléchir à deux fois avant de souhaiter à tout prix une défaite de leurs concurrents pour le titre cette année…

Devoir patriotique ou esprit supporter ?

« Moi, je pense que tous les fans français doivent supporter tous les clubs français en Ligue des champions peu importe l’équipe que l’on soutient au quotidien. » Interrogé par Cnews en août 2020 au moment du Final 8, Samuel, supporter du RC Lens est clair : lorsqu’un club français joue, le soutenir relève du devoir patriotique. Même s’il s’agit d’un ennemi le reste de l’année ? « En tant qu’amoureuse du ballon rond, et de la profonde volonté d’enfin voir le football français aux avants postes de la scène européenne, je serai de tout cœur avec les autres équipes françaises. Même s’il doit s’agir de l’OM. Il y a un temps pour l’affrontement, et un temps pour le soutien et le beau jeu. » osait Sara, supportrice du PSG, sur Cnews.

Et si pour certains l’argument patriotique ne suffit pas, les défenseurs de la cause nationale des clubs sortent un second argument de poids de leurs chapeaux : l’indice UEFA. Calculé en fonction des résultats des clubs de chaque nation et permettant d’avoir un certain nombre de places qualificatives en C1, cette formule mathématique est en effet un trésor à défendre collectivement, tant il conditionne l’avenir de tous les clubs d’un même pays. Investisseurs, sponsors, diffuseurs internationaux et in fine joueurs : c’est toute l’attractivité d’un championnat qui est en jeu lorsqu’une de ses équipes membres vient le représenter dans l’arène européenne. Malgré tous ses arguments solides, tenter de convaincre les supporters les plus viscéralement attachés à leur club de soutenir une autre équipe, de nationalité identique ou non, est peine perdue.

« Je continuerai à cracher sur Paris et Lyon en championnat, en Ligue des champions et même… en match amical ! Je me moque du classement UEFA. Non vraiment, c’est quelque chose que je suis incapable de comprendre. Il faut être supporter d’une équipe pour comprendre et pas seulement être fan des soirées Ligue des champions. » Toujours sur Cnews, Hichame, supporter de l’OM est radical. On distingue dans le témoignage du supporter marseillais cette volonté d’appartenance à son club qui se veut exclusive et qui s’est bâtie dans la rivalité avec les concurrents nationaux. En somme, au nom de quoi devrait-on le temps d’un match ou d’un parcours européen supporter nos ennemis de toujours ?

Ce phénomène est néanmoins plus marqué lorsqu’il concerne des petits clubs tricolores ayant peu de chances de faire un grand parcours (un Lyonnais supportera toujours plus Reims que l’OM). Notre collègue rédacteur Xavier Chabuet n’a pas oublié le comportement de ses compatriotes du temps de la grande époque des années 2000 : « J‘ai toujours trouvé ça assez rigolo que la France ne supporte que moyennement l’OL pendant la grande époque, la victoire n’en était que plus belle ». Malgré cette analyse sentant la rivalité, l’injonction de devoir se rassembler derrière le drapeau national dès qu’une de ses équipes dispute un match européen apparaît comme une spécificité bien française.

Une spécificité bien de chez nous

« Les fans de l’Inter vont détester ceux de la Juventus et ceux de Milan. Et l’Atalanta, on les déteste aussi puisqu’ils portent les mêmes couleurs que nous. Je ne supporte aucune des ces trois équipes et je me réjouis même de leur défaite. La Juve, quand elle perd en finale de la Ligue des champions ces dernières années, c’était un grand plaisir pour moi. On a beaucoup plus de cœur à supporter nos clubs. A titre d’exemple, j’ai beaucoup plus vibrer en 2010 avec le triplé de l’Inter (Coupe-championnat-C1) qu’en 2006 avec la Coupe du monde de l’Italie parce que ton club tu le supportes à l’année, depuis la naissance. C’est intrinsèquement lié à ton ADN. » explique Simon, supporter de l’Inter, sur Cnews.

Pour les supporters les plus chevronnés, l’attachement identitaire à leur club, souvent transmis de génération en génération, est bien plus important que le sentiment national. Dans beaucoup de nos pays voisins, l’évidence est de supporter le club du coin et lui accorder une attention unique. « Comme je dis souvent que je n’ai pas choisi Arsenal, c’est Arsenal qui m’a choisi. Si j’avais voulu faire dans la mode anglaise, j’aurais suivi le Manchester (United) de Cantona. » racontait Vincent, Gunner depuis toujours, sur l’antenne de Cnews. Finalement, on peut dire que l’esprit patriotique, que les partisans du soutien national aimeraient insuffler à tous leurs compatriotes lorsqu’un club des leurs jouent, est en réalité déjà comblé par l’amour quotidien que les supporters d’un seul club éprouvent pour celui-ci. Le choix de la position à adopter ce soir et jeudi dépend donc du recul qu’on a sur l’amour qu’on éprouve pour l’OL. Mais à y regarder de plus près, les Lyonnais ont tout de même un intérêt stratégique à voir Paris et Lille briller sur la scène européenne. 

L’OL a bien un intérêt

Troisièmes à trois points du LOSC et deux du PSG après leur défaite au Groupama Stadium face à Montpellier samedi (1-2), les hommes de Rudi Garcia le savent : cette année, il faudra emporter un nombre élevé de points pour accrocher ne serait-ce que le podium. « Si ça continue, il est probable, que même avec 80 points, il y ait une équipe qui ne soit pas en Ligue des Champions » prévenait Garcia en conférence de presse vendredi dernier. Vainqueurs tous deux de 6 de leurs 7 derniers matchs, Lillois et Parisiens lâchent très peu de points en route cette saison. L’un des seuls espoirs dont dispose l’OL, outre les confrontations directes, serait que Lille et le PSG fassent de beaux parcours dans leurs coupes et y laissent également des plumes. Avec le retour des soirées européennes, le calendrier sera de toute façon surchargé, la Coupe de France ayant également démarré la semaine dernière. « Les autres ont moins peur, les autres savent que nous sommes dans un état un peu fatigué physiquement et mentalement, ça donne une possibilité de combattre avec nous ». Quelques jours avant son licenciement, Thomas Tuchel soulignait bien le manque de force de ses troupes, enchaînant les matchs depuis le mois de juillet 2020 et la reprise de la C1.

L’absence de Coupe d’Europe et le surplus de récupération que cela apporte ? C’est l’argument principal de tous ceux qui ont fait de Lyon un candidat crédible au titre cette saison. « Lyon champion, je le crois. Ils ont le groupe et le talent qu’il faut. Ils ont aussi une force collective et un tempérament. Ils ont envie de travailler ensemble, ce qui n’était pas forcément le cas. Il y a une vraie constance que l’on voit. Et puis, il n’y a pas de matchs de coupe d’Europe et ça, c’est très important. » lâchait par exemple Franck Leboeuf sur le plateau de Téléfoot au début du mois.

Puisque les suiveurs des Gones ont dû apprendre à vivre sans soirée européenne pour la première fois depuis 23 ans, autant jouer le jeu à fond : nous sommes de tout cœur avec le PSG et le LOSC cette semaine. Que Paris soulève la coupe aux grandes oreilles ! Que Lille fasse partie des premiers clubs français à prendre l’Europa League au sérieux ! Et surtout, que Lyon soit enfin sacré pour la huitième fois de son histoire… 

Crédit photo : Damien LG

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