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Coup de belinHumeur

24/01/2021, le jour où l’Histoire a basculé

C’est fait ! En remportant le 122ème derby de l’Histoire (5-0) dimanche soir, les hommes de Rudi Garcia ont permis au club lyonnais de passer symboliquement devant au nombre de derbies remportés. Cela n’était pas arrivé depuis 1957.

Un enjeu dans toutes les têtes

Si jamais le fait de devoir rester au contact du PSG et de Lille ne suffisait pas pour se motiver, les joueurs lyonnais pouvaient tout à fait garder en tête que ce derby face aux Verts constituait pour eux une occasion unique d’entrer dans l’Histoire du club. A égalité parfaite avec l’ASSE avant la rencontre (44 victoires), l’OL pouvait, en remportant ce match, passer devant les Verts pour la première fois depuis 1957. Tino Kadewere, dont les rêves avaient été prémonitoires au match aller (2-1, le Zimbabwéen avait marqué un doublé comme il l’avait rêvé quelques jours plus tôt, ndlr), avait bien en tête cet enjeu historique en conf’ de presse avant le match : « On sait qu’il y a une égalité parfaite dans les derbies, on en a parlé entre nous. On sait que si on gagne ça sera la première fois qu’on passera devant eux (depuis 1957). C’est un élément qu’il faut prendre en considération parmi d’autres ». Côté stéphanois, on avait également à cœur de ne pas définitivement gâcher l’avance conquise par les aînés les décennies précédentes. « On veut rester devant au nombre de victoires dans le derby, c’est une envie de plus pour aller gagner ce match. L’OL, c’est une très bonne équipe, mais il ne faut pas avoir peur d’eux, on va prendre ce match pour aller faire un bon résultat » lançait le jeune Mahdi Camara avant la rencontre.

Un match potentiellement historique donc, se disputant malgré tout dans des conditions très particulières. Si un derby sans supporter retire déjà pas mal de saveur, le fait que Claude Puel soit obligé de se priver de 7 joueurs, tous positifs à la Covid-19, faisait de cette rencontre un match a priori très déséquilibré. Le coach des Verts refusait pourtant d’abdiquer avant le match : « On se projette sur ce derby, on s’est préparés cette semaine dès la première réunion avec les joueurs «valides». J’aime voir mon groupe répondre présent dans ces conditions : ne pas lâcher, être entreprenant. » 

La satisfaction du devoir accompli

Sur le pré, les hommes de l’ancien entraîneur de l’OL ne vont malheureusement pas du tout satisfaire ses ambitions. Dominés de long en large, les Stéphanois prennent l’eau de tous les côtés et le match se conclut par une “manita” historique (5-0). « C’était une semaine et une quinzaine particulières, mais même dans ce genre de situation, on y croyait. On se sentait capable de faire quelque chose. On a très vite déchanté. On a été trop approximatifs défensivement et dans notre récupération du ballon, notamment en première période. On n’a pas su exister (…) Il n’y a pas grand-chose à retenir de ce match. » analysait le coach des Verts après la rencontre.

Du côté des Gones, en plus de la satisfaction d’avoir réussi un match plein, le moment était venu de savourer cette entrée dans l’Histoire des derbies. « On a été très bons dans le pressing haut et dans la position de l’équipe. On a empêché Saint-Étienne de construire. C’était mon troisième derby avec l’OL, l’adage s’est confirmé. On a mis les bons éléments, il faut féliciter les joueurs. À l’extérieur, 5-0, dans un derby, on est content, c’est historique après l’épopée des Verts, c’est la première fois depuis 1957 qu’on passe devant l’ASSE au nombre de victoires. » savourait par exemple Rudi Garcia après la victoire de ses joueurs. Ces derniers avaient d’ailleurs forcément en tête la banderole qu’ils avaient pu apercevoir sur la route, et sur laquelle les Bad Gones les encourageaient à leur façon : “On est avec vous… Niquez les Stephs !” 

« Les supporters nous ont fait vibrer ce matin et nous on l’a fait ce soir, déclarait Léo Dubois sur la chaîne Téléfoot après le match. On passe devant l’ASSE dans les confrontations directes. On est heureux d’apporter ça au club et au président. » Jean-Michel Aulas n’a d’ailleurs pas pu résister à l’appel de son smartphone pour se féliciter d’une victoire qu’il qualifie déjà comme les plus belles de sa vie : « Que c’est bon de gagner ce 122e derby qui nous permet de virer en tête avec 45 victoires : la 1re fois depuis 1957… Bravo à Juni, Rudi et Memphis et Karl, l’institution OL est au top, et bravo aussi à nos supporters qui ont tout donné ce matin »

Avec cette “manita”, c’est toute une page de l’Histoire qui se tourne définitivement.

L’Histoire du football français bouleversée

Bien longtemps, les Stéphanois aimaient rappeler aux Lyonnais la maigreur et la jeunesse de l’histoire de leur club, en comparaison avec l’hégémonie que certains ont eu la chance de connaître dans les années 70, avec en point d’orgue une finale de C1 perdue en 1976 (0-1 contre le Bayern Munich). Le problème pour les Verts, c’est qu’à trop se concentrer sur le passé glorieux du club pour soumettre le voisin honni, on en oublierait presque le présent et sa réalité. Hormis une Coupe de la Ligue en 2013, Saint-Étienne ne gagne plus rien depuis la fin de son règne national aux débuts des années 80. Le club du Forez a même fait trois tours à l’étage inférieur depuis cette période (de 1984 à 1986, de 1996 à 1999 et de 2001 à 2004). Dans le même temps, l’OL s’est structuré à partir de la fin des années 80, et l’arrivée de Jean-Michel Aulas à la tête du club. Portée par ses 7 titres nationaux consécutifs dans les années 2000, ainsi que ses deux demi-finales de Ligue des Champions dans les années 2010, la suprématie régionale des Lyonnais, déjà considérée pour beaucoup comme une évidence, est aujourd’hui une réalité statistique. Comme le lançaient les supporters de Manchester United à l’égard de ceux de Saint-Étienne, lors d’un match d’Europa League de 2017 : “You’re just a small town in Lyon!”

 

Crédit photo : Damien LG

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