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Coup de belin

Lyonnais chez les Bleus : à qui le tour ?

«Aujourd’hui, dans le profil d’Houssem, j’ai Nabil Fekir. Il (Houssem Aouar, ndlr) est venu, on a vu certaines choses. Il y en a d’autres.». Lorsque Didier Deschamps a dû se justifier sur la non-sélection d’Houssem Aouar, beaucoup de supporters lyonnais ont eu l’impression de revivre l’éternelle intransigeance de DD à l’égard de Alexandre Lacazette (16 sélections), attaquant de l’OL jusqu’en 2017 et en qui Deschamps n’a visiblement jamais eu vraiment confiance. Si une blessure de Fekir aurait dû permettre à HA8 de rejoindre Clairefontaine, ce dernier a également dû déclarer forfait à cause d’une cuisse qui a sifflé lors du derby (2-1). Lorsqu’on étudie dans les détails les listes de l’ère Deschamps, la soi-disant défiance du sélectionneur à l’égard des Gones vient se cogner à la réalité empirique du nombre de Lyonnais sélectionnés : ils sont 16 à avoir revêtu le maillot tricolore depuis 2012, dont Mapou Yanga-Mbiwa ! Après avoir étudié les Français de l’effectif de Rudi Garcia, Planète Lyon se demande qui sera le prochain.

Melvin Bard (19 ans – 1 sélection chez les Espoirs)

Ardemment courtisé par le Bayern Munich lors du dernier mercato estival, Melvin Bard a finalement choisi de prolonger son aventure lyonnaise en paraphant un nouveau contrat jusqu’en 2023. S’imposer dans son club formateur avant de viser plus haut correspond parfaitement au parcours de formation du latéral, lui qui a fait ses gammes au sein du Domtac FC. «Il a eu une progression très régulière. Tout le monde voyait qu’il avait des aptitudes et qu’il pouvait franchir les paliers en grandissant.» confiait Matthieu Roth, l’un de ses éducateurs au sein du club de l’Ouest lyonnais, à France Football. Pour poursuivre son ascension, le natif d’Ecully dispose d’une chance unique cette saison puisque son seul concurrent se nomme Maxwel Cornet, ailier en reconversion. «Aller chercher une place de titulaire reste dans un coin de ma tête» confiait le natif d’Ecully au site de l’OL en novembre 2020, revenant sur un début de saison au cours duquel il semble gagner la confiance de Garcia. S’il lui faudra sûrement encore du temps pour s’imposer définitivement dans le onze lyonnais, Matthieu Roth croit dur comme fer dans «l’attitude exemplaire» de son ex-poulain : «Un garçon très poli, bien élevé. C’était l’exemple type du gamin qu’on aimerait avoir tout le temps.»

Indice de “Deschamps compatibility” : 50%
Pas amateur des trublions, Deschamps dispose avec Melvin Bard d’un bon soldat réputé pour ses qualités de joueur qui ne lâche rien. La concurrence actuelle (Lucas Hernandez et Lucas Digne) ne semble pas insurmontable, mais une ombre vient se glisser au tableau : Bard est un pur latéral, adepte des percées offensives dans son couloir. Malheureusement pour lui, dans la tête de Didier Deschamps, le mot le plus important dans l’intitulé du poste “défenseur latéral”, c’est “défenseur”.

Maxence Caqueret (20 ans – 3 sélections chez les Espoirs)

Après ses performances XXL lors du Final 8 de l’été dernier, les supporters lyonnais ont cru voir du Xavi et du Iniesta dans le jeu de Maxence Caqueret. Interrogé par l’Équipe en septembre 2020, le milieu de terrain de l’OL confiait d’ailleurs son admiration pour les anciens milieux barcelonais : «J’ai toujours aimé regarder des milieux comme Xavi ou Iniesta. (…) Iniesta, c’est mon modèle, il m’a beaucoup marqué. Pour moi, c’est le meilleur milieu de terrain qu’il y a eu dans le foot. J’ai vu beaucoup de vidéos pour prendre exemple et m’en inspirer, notamment dans la capacité à s’orienter vite, justement.». Si Garcia lui a confié la place de Lucas Tousart dans son onze à Lisbonne, c’est justement pour sa capacité à jouer simple et collectif, toujours à la recherche de l’efficacité maximale. Et en plus de ses capacités à se projeter offensivement, Caqueret n’est pas avare de travail défensif. Pjanic et Rabiot, totalement éteints par le milieu lyonnais lors du huitièmes de finale retour en juillet 2020 (1-2), peuvent en témoigner. Depuis l’arrivée de Lucas Paquetá, Garcia semble vouloir faire souffler son jeune milieu (il a retrouvé une place de titulaire lors du derby, ndlr). Mais s’il réitère les performances de l’été dernier, nul doute qu’il deviendra très rapidement incontournable aux yeux de l’entraîneur lyonnais.

Indice de “Deschamps compatibility” : 10%
Kanté, Nzonzi, Pogba, Rabiot, Sissoko et Tolisso…. La liste des milieux de terrain retenus par Didier Deschamps pour les matchs face au Portugal et à la Suède parle d’elle-même : les milieux créateurs, très peu pour lui. L’entrejeu constitue pour le sélectionneur un premier rideau défensif, et le mètre soixante quatorze de Caqueret semble aller à l’encontre de cette philosophie. Next !

Rayan Cherki (17 ans – 2 sélections chez les U16 et une convocation sans jouer chez les U19)

Premier joueur né en 2003 à avoir joué en Ligue 1 Uber Eats et plus jeune buteur de l’histoire de l’OL en compétition officielle (16 ans et 140 jours), Rayan Cherki compte bien faire tomber d’autres records de précocité. Surclassé tout au long de sa jeunesse, le natif de Pusignan vit avec la même ambition depuis toujours : « Il a besoin de cette adrénaline pour avancer, il veut marquer l’histoire. » lançait Pierre Chavrondier (un de ses coachs en U17) à So Foot en novembre 2019. Si les suiveurs des équipes de jeunes de l’OL avaient coché son nom depuis bien longtemps, Cherki a explosé aux yeux de la France du foot un soir de janvier 2020, lors d’un match de Coupe de France à Nantes (4-3, 2 buts et 2 passes décisives pour le créateur lyonnais). Adoubé par Kylian Mbappe sur Twitter après le match, le milieu offensif attend aujourd’hui l’occasion de s’exprimer régulièrement au sein du onze lyonnais. Si Rudi Garcia semble pour le moment vouloir préserver sa pépite, tout le monde s’accorde à dire qu’il rendrait bien des services à un OL assez peu inspiré offensivement depuis le début de saison.

Indice de “Deschamps compatibility” : 80%.
S’il est frileux dans le jeu proposé par son équipe, Deschamps ne l’est pas à l’heure d’introduire des diamants bruts dans le grand bain international. Par exemple, Mbappe n’avait pas encore une saison pleine dans les jambes quand le sélectionneur a décidé de l’emmener en Russie disputer le Mondial. Deux ans plus tard, le fait qu’Eduardo Camavinga soit toujours mineur (17 ans) n’a pas effrayé le coach des Bleus au moment de le lancer face à la Croatie (4-2). Bref, plus vite Cherki explosera à Lyon, plus grandes seront ses chances de porter le maillot des Bleus.

Moussa Dembélé (24 ans – 25 sélections et 13 buts chez les Espoirs)

Où t’es, Moussaoutai? Non, Stromae n’a pas encore adapté son tube de 2013 à l’attaquant lyonnais mais les supporters commencent à sérieusement s’inquiéter. Si tout le monde avait décelé ses qualités techniques incertaines, Moussa Dembélé était largement pardonné car il justifiait son salaire en exécutant la principale mission pour laquelle l’OL l’avait recruté en 2018 : faire trembler les filets (20 buts toutes compétitions confondues lors de sa première saison, 24 la suivante). Le problème, c’est que Moussa ne marque plus. Même s’il avait sauvé son Final 8 en inscrivant un historique doublé face à Manchester City en quarts de finale (3-1), l’ancien joueur du Celtic n’est plus du tout incontournable aux yeux de son coach. Alors que 63% des sondés par France Football souhaitaient le voir revêtir le maillot tricolore dans un avenir proche en août 2019, Dembélé doit aujourd’hui retrouver une place dans le onze lyonnais, avant de rêver d’un éventuel avenir en Bleu. A moins que son salut ne passe par un départ lors du prochain mercato…

Indice de “Deschamps compatibility” : 100%.
Techniquement limité, excellent dans le jeu de tête, remplaçant dans son club… Moussa Dembélé a tous les atouts pour remplacer Olivier Giroud (34 ans) dans le cœur de Didier Deschamps.

Crédit photo : AFP

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