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Analyse

Cinq conseils à Martin Terrier pour qu’il fasse son trou

24 minutes de temps de jeu sur deux matchs, Terrier ne s’attendait pas à ça. Nice, Rennes, Milan et Schalke sont à l’affût.

« Je vais faire le maximum et j’espère continuer dans la même dynamique que lors de la deuxième partie de la saison dernière. Côté confiance, j’ai passé de nombreux caps. Je me sens très bien et j’espère être de plus en plus décisif. Je veux vraiment m’imposer et faire partie des cadres. » C’est un Martin Terrier, 22 ans, ambitieux qu’a interrogé L’Équipe en juillet 2019. Dans la continuité de sa saison 2018-2019 conclue en trombe (6 buts lors des 10 derniers matchs de Championnat), Martin Terrier s’imaginait tenir le haut de l’affiche pour sa deuxième saison lyonnaise. Remplaçant lors des deux premiers matchs officiels de l’OL, l’ancien Lillois découvre la réalité d’un club qui cherche à retrouver son lustre d’antan : la concurrence. Planète Lyon propose cinq conseils au natif d’Armentières pour l’encourager à se battre et conquérir ainsi définitivement le cœur de Sylvinho.

Admettre que la concurrence est inhérente aux grands clubs

« Il y a une chose totalement bizarre que je découvre, c’est que j’ai rencontré plusieurs agents de joueurs depuis que je suis ici. Et tous pour la même chose, avoir des garanties » avouait Juninho au début du mois d’août. Tatarusanu, Cornet et donc Terrier auraient des velléités de départ à la vue du faible temps de jeu qui se profile à l’horizon les concernant. Réaction inaudible pour le directeur sportif lyonnais qui estime que la concurrence est le meilleur moyen de maximiser le potentiel d’un effectif. « Que ce soit à Paris, à Manchester, dans n’importe quel club, la concurrence est le plus difficile à gérer parce que les joueurs n’ont pas la maturité pour gérer cette situation-là. On va essayer, avec du respect mais avec notre façon de travailler, de leur montrer que quand tu exiges une place à l’OL et que tu ne l’as pas, il ne faut pas regarder plus haut », avait prévenu le Brésilien en juillet. Encore jeune, Martin Terrier doit donc comprendre que sa place dans le onze titulaire se gagne sur le terrain. Une doctrine que l’OL a d’ailleurs appliqué à l’ensemble des postes titulaires, tous doublés cette année.

Gagner en mental

« J’ai un profil discret, je ne suis pas quelqu’un qui va se mettre en avant. Ce n’est pas que j’ai tendance à m’écraser, mais je me mets un peu trop dans le coin. Il faudrait que je me montre un peu plus, c’est un cap que je suis en train de passer » se racontait le joueur formé à Lille en avril 2019 au média Le quotidien du foot. Et réfléchir à un départ parce qu’il craint de ne pas jouer, ce n’est pas une première pour Terrier. Ne se sentant pas assez important aux yeux de Marcelo Bielsa, il avait déjà précipité son départ du LOSC en 2017. Son prêt à Strasbourg finalement plutôt fructueux traduit aussi un certain manque de combativité. À son âge, Terrier reste une promesse qui doit confirmer. Chercher à fuir la concurrence dès qu’elle se présente à lui n’est pas une stratégie digne de son potentiel.

Se montrer polyvalent

« Je rêve de finir meilleur buteur de L1 dans un futur proche » affirmait un Terrier ambitieux en avril 2019 à Eurosport. Et effectivement, sa place à l’OL n’est pas uniquement sur l’aile. Les capacités d’Amine Gouiri demeurant inconnues suite à sa grave blessure, Moussa Dembélé est le seul joueur lyonnais sans réel concurrent cette année. Attaquant de pointe, Martin Terrier connaît. S’il a tapé dans l’œil des scouts lyonnais, c’est d’ailleurs grâce à son sens du but. En septembre 2017, il inscrit un retentissant triplé face au Kazakhstan (ndlr : victoire 4-1 des Bleuets) avec l’équipe de France Espoirs. Quatre mois plus tard, l’OL officialise l’accord avec Lille, mais le joueur est invité à finir son apprentissage en Alsace. Pas assez tueur à Strasbourg, il termine la saison 2017-2018 avec trois petits buts au compteur en Championnat. Ses statistiques avec les Bleuets sont en revanche beaucoup plus flatteuses : 13 matchs, 7 buts.

Maintenir son niveau en Espoirs

Victime d’un virus, Martin Terrier a malheureusement manqué l’Euro Espoirs cet été (ndlr : élimination de la France en demi-finales). Il n’en reste pas moins un pilier pour son sélectionneur : « C’est un joueur intéressant, altruiste et adroit » le décrit un Sylvain Ripoll (coach des Espoirs) conquis depuis l’époque strasbourgeoise du pote de Lucas Tousart. Se montrer performant avec les Bleuets, c’est aussi soigner sa complémentarité avec Moussa Dembélé, ce qui ne manquera pas d’intéresser Sylvinho. Outre le fait que l’OL est engagé sur quatre tableaux, Terrier dispose donc d’une cinquième fenêtre pour prouver qu’il mérite un statut d’incontournable aux yeux de son coach brésilien.

Compter sur le calendrier chargé

Les joueurs lyonnais qui pouvaient exaspérer par leur inconstance l’an dernier semblent avoir changé. Mais pour combien de temps ? Après tout, nous ne sommes qu’au mois d’août, période propice aux promesses sans lendemain. La saison est longue et le club affiche une politique sportive ambitieuse : toutes les compétitions seront jouées à fond. « Dans six mois on ne sait pas comment cela va se passer. On ne sait pas si on aura besoin de lui, si Moussa Dembélé ne sera pas blessé, si Memphis Depay va faire des efforts défensifs pendant deux mois et après va arrêter parce qu’il sera installé et se croira tout permis » analysait le journaliste du Parisien Dominique Sévérac la semaine dernière. Terrier aura nécessairement du temps de jeu pour se mettre en valeur. A lui de saisir sa chance quand elle se présentera. Promis, on ne vous fera pas l’article « Comment Martin est-il sorti de son terrier ? ».

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