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Compte rendu de match

La belle semaine

Après avoir créé la surprise sur le terrain de Manchester City mercredi (1-2), l’Olympique Lyonnais se devait de confirmer son coup de génie hier face à Marseille, pour un olympico très attendu. Mission accomplie : victoire nette 4 à 2 de l’OL, qui courcircuite la mini « crise » issue d’un début de saison pour le moins poussif.

C’est quand même assez drôle : depuis plusieurs saisons, à l’approche du « choc des olympiques », on annonce continuellement Marseille favori de cette opposition : « oui mais vous comprenez cette année, ils jouent mieux que Lyon », « oui mais vous comprenez cette saison, ils ont un vrai projet de jeu », etc. Les arguments sont légions et se tiennent plus ou moins. Mais à chaque fois, le résultat est sans appel : c’est l’OL qui gagne. Et à chaque fois, Rudi Garcia sort de ses gonds et va se crêper le chignon avec l’arbitre au coup de sifflet final. Cela fait 11 ans maintenant que Lyon n’a pas perdu chez lui face à l’« ogre » marseillais. Il serait grand temps que cela rentre dans les têtes, non ?

Magique Bertrand

Si le groupe lyonnais a encore une fois été au rendez-vous collectivement malgré un déchet technique certain en première mi-temps, un joueur a subtilement tiré son épingle du jeu : grand absent du onze titulaire mercredi en Champion’s League, Bertrand Traoré avait visiblement envie de se montrer et de prouver à son coach qu’il mérite une place de choix sur la feuille de match olympienne. Auteur d’un doublé, Traoré a marché sur l’eau : il a globalement fait des misères à la défense marseillaise et en particulier au pauvre Jordan Amavi qui a pris le bouillon à chacune de ses prises de balle. Quand il est dans un grand soir et qu’il met sa maladresse de côté, difficile de ne pas résister à sa conception du football, totale. C’était l’autoroute du soleil hier pour lui : débordement côté droit-fixation-crochet intérieur-plat du pied-petit filet opposé. Merci bonsoir. Sa « spéciale » a encore fait du mal, et le Burkinabé a même provoqué l’expulsion de Caleta-Car en fin de match après un énième raid solitaire. Ça plane pour lui.

L’ombre d’un doute

Pourtant, tout n’était pas joué d’avance. Après l’ouverture du score à la 28ème minute assez somptueuse d’un Houssem Aouar métamorphosé, Memphis Depay rate une balle de break qui doit faire mouche. Un but « tout fait » servi par cap’tain Nabilou qui aurait pu (dû ?) doucher plus rapidement les espoirs marseillais, mais beaucoup trop « facile » pour le roi Memphis qui préfère dévisser son plat du pied directement en tribune. Aaah, les artistes incompris… Dans la minute qui suit, Pape Cheikh Diop perd le contrôle du ballon dans la moitié de terrain lyonnaise et précipite le retour de Marseille dans le match : Thauvin justifie son statut de meilleur buteur de Ligue 1 et vient finement crucifier Lopes, sur un service 5 étoiles de Dimitri Payet. Un partout à la pause, tout est à refaire. Oui mais voilà, Traoré est passé par là et Lyon prend rapidement le large en seconde mi-temps. Un 4ème but est même inscrit sur penalty après l’intervention de la VAR (quelle merveilleuse invention !), ce qui permet à Fekir d’y aller de son petit but. Malgré la réduction du score de l’ex-lyonnais Njie, l’OL a été au-dessus dans tous les compartiments du jeu et peut se permettre de terminer le match en marchant. Comme Paris dans tous ses matchs de Ligue 1. Ce qui relève de la vraie performance, surtout face à un adversaire du « standing » de l’OM.

Les tri-brumes du Parc OL

Seule ombre au tableau, la xénophobie latente qui vient pourrir l’image de l’OL, côté tribune. Un tract « anti-OM » dont on se serait passé a circulé hier dans les travées du Grand Stade. Rappelant par la même la présence d’individus à l’obédience idéologique douteuse dans les groupes de supporters lyonnais. Des personnes qui portent paradoxalement aux nues des joueurs algériens, burkinabés, sénégalais… Sur un autre sujet, on a également pu noter des échauffourées parfois violentes en tribunes suite au premier but marseillais. En effet, contrairement à ce que pensent les pouvoirs publics, on ne peut pas interdire à des fans de l’OM de venir voir un match de foot à Lyon (et vice-versa)…

Bilan

En une semaine, l’OL aura donc renversé la température et déjoué tous les pronostics. Comme d’habitude, c’est dans les moments décisifs et dans les rencontres au sommet que l’OL se met au diapason et sort des performances hallucinantes, ce qui est autant amusant qu’agaçant. Lyon vient là où on l’attend le moins, pour le meilleur et pour le pire. D’équipe malade qui balbutie son football il y a moins de 7 jours, l’OL se mue depuis deux matchs en véritable machine à gagner. Oui mais mercredi Lyon se rend à Dijon. A priori pas la plus grande équipe du championnat, et c’est bien là le problème : à Bruno Genesio de faire croire à son groupe qu’il va jouer contre le Real de Dijon avec l’exceptionnel Yoann Gourcuff en dépositaire du jeu, et tout devrait bien se passer…

Crédit photo : Damien LG.

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