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Compte rendu de match

Et patatra…

Excusez-nous mais il fallait que ça redescende un peu. Difficile, à chaud, d’analyser avec mesure et justesse le match cataclysmique proposé par le onze lyonnais à Reims, vendredi, pour le compte de la deuxième journée de championnat. Alors on a pris le temps, façon slow journalism, pour arriver au constat suivant : en 2018, l’OL est toujours aussi agaçant.

Nos inquiétudes étaient donc bien fondées. Incapable de proposer le moindre mouvement collectif intéressant durant 90 minutes, l’Olympique Lyonnais s’est effondré contre de remuants promus rémois, grillant ainsi un premier joker dans la « course au titre ». Et pendant ce temps-là ? Paris est devant. Déjà.

Indéfendables

On a eu beau se creuser les méninges tout le week-end, difficile de trouver du positif dans cette rencontre tant l’OL a été méthodiquement en dessous de tout. Un manque flagrant d’agressivité et d’envie qui questionne et surprend, dans un début de championnat ou l’horizon des possibles n’est pourtant pas encore totalement réduit par l’ogre parisiano-qatari.

Sans allant ni entrain, Lyon s’est montré particulièrement apathique dès le coup d’envoi. Passés maîtres depuis belle lurette dans l’art de la domination stérile, les joueurs lyonnais on fait tourner le ballon pendant une demi-heure. Des passes latérales en veux-tu en voilà sans la moindre projection vers l’avant. Gérer un match avant de le jouer et de marquer est quand même une drôle d’idée…

Et ce qui devait arriver arriva : sur un contre-éclair et une merveille de centre signé Konan, Chavarria ouvre tranquillement le score d’une tête piquée au premier poteau. Imparable. A la 32ème minute de jeu, le destin du match est déjà scellé. Si Jérémy Morel se signale personnellement avec un placement défensif pour le moins douteux sur le but rémois, le naufrage lyonnais est, quant à lui, bien collectif.

Une révolte molle et inoffensive

Impossible de pointer du doigt le vilain petit canard du soir puisque les torts sont partagés. Après l’ouverture du score champenoise, Lyon refuse de lutter et semble rapidement résigné. Aucun sursaut d’orgueil ou tentative de dépassement de soi : l’OL fait mine de sonner la charge avec deux tentatives infructueuses de Memphis qui obligent tout de même le gardien rémois à se salir ses gants. Lyon a eu le ballon, mais Lyon a eu très peu d’occasions.

Dans le football, le manque d’inspiration peut arriver. Comme le dit l’adage, « quand ça veut pas, ça veut pas ». Oui, Lyon a le droit de perdre. Oui, Lyon a le droit de mal jouer. Et d’échouer. Mais pas de cette façon. La nette défection d’engagement physique proposée par le onze olympien est un manquement aux règles du sport, et constitue une preuve du comportement parfois suffisant des joueurs de Bruno Genesio.

La grande désunion

Outre l’hallucinante pauvreté tactique affichée une nouvelle fois par l’OL (ce « 4-4-2 qui est en fait un 4-4-3 potentiellement transformable en 4-2-3-1 »), l’absence totale de caractère et de rébellion fait très mal. Marcelo et Mariano sont mêmes à deux doigts d’en venir aux mains sur une action quasi anodine. Deux coéquipiers qui se prennent le bec et se conspuent de la sorte ? Cela peut témoigner d’un groupe qui n’en est peut-être pas vraiment un, ou du moins vraisemblablement peu uni dans les moments de doute. Décevant et peu encourageant pour la suite…

Dans tous les cas c’est bien confirmé : quand l’exploit individuel n’est pas là côté lyonnais, c’est zéro pointé à l’arrivée. Contre Reims, l’attaque lyonnaise n’a pas réussi à un mettre un pied devant l’autre. Mariano, fantomatique, continue tout doucettement sa petite descente aux enfers, tandis que Memphis Depay nous a réservé son cirque habituel, mais cette fois sans marquer. Ce qui fait d’autant plus tâche quand il n’est pas décisif. Autre grosse déception notable : Houssem Aouar. Proclamé digne héritier du roi Nabil entre Rhône et Saône, le milieu de poche lyonnais affiche un niveau de jeu assez alarmant et semble en ce moment beaucoup plus proche du banc des remplaçants que de l’équipe de France.

Mais pas de quoi inquiéter le coach Bruno Genesio, qui a déclaré à l’issue de la rencontre « être satisfait du contenu, mais pas du résultat ». Même le site Le Gorafi n’aurait pas osé la faire, celle-ci… Il faudra tout de même proposer un peu plus à l’avenir pour que le musée flambant neuf de l’OL se garnisse d’un nouveau trophée. On doute que la justification des défaites–plus ou moins recevable jusqu’alors – par l’excès de jeunesse du groupe qui fait légion et sauve le staff lyonnais de tout autre argumentaire fantaisiste – suffise cette année encore à contenir la déception des supporters.

Amine loin d’être gouiri

Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le très prometteur Amine Gouiri s’est gravement blessé au genou en fin de semaine et souffre d’une rupture du ligament croisé antéro-interne. 6 mois d’absence minimum. Après le départ de Maolida à Nice la semaine dernière, le turn-over en attaque se réduit significativement avec ce nouveau coup dur, poussant Jean Michel Aulas à refuser une offre (mirobolante) venue d’Allemagne pour… Maxwel Cornet, qui sera donc sûrement conservé cette année.

Nabilou, Nabi-blues

Quand il n’y a plus la flamme, il faut frotter la lampe à huile et s’en remettre au génie. Laboratoire d’idées à lui tout seul, le « think thank » lyonnais Nabil Fekir doit vite revenir et endosser la tunique de sauveur. Mbappé, titulaire avec l’équipe de France durant la coupe du monde et qui a eu le même temps de récupération post-compétition que Fekir, est déjà double buteur avec Paris ce week-end. Comment se fait-il que Fekir ne soit pas non plus déjà prêt, alors même qu’il a joué cette coupe du monde aux côtés de son compère parisien, et de manière moins intense puisque pas titulaire en EDF ? Encore une étrangeté. Selon toute vraisemblance, le meneur de jeu lyonnais devrait faire son grand retour pour la réception de Strasbourg au Parc OL, ce vendredi. Il était temps….

Lyon a perdu contre Reims. Les lyonnais ont offert à la France du football une parodie d’eux-mêmes. Ils ont été en un match ceux que les apôtres du « OL bashing » décrivent depuis plus d’un an maintenant : des joueurs individualistes, inconsistants et perfectibles. Deuxième journée et premier gros coup d’arrêt, donc. Bien évidemment, il est beaucoup trop tôt pour dramatiser la situation et de faire quelconque bilan au niveau comptable. Car le pire dans tout ça, c’est que l’OL est bien capable d’aller battre Paris, Monaco et Marseille cette saison, et trouvera également le moyen de nous donner de beaux frissons européens. C’est le mois d’août à Lyon. Lyon a déjà perdu contre un promu. Mais Fekir est lyonnais. Tout va bien !

Crédit photo : Damien LG.

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